samedi 7 avril 2012
Annemarie Schwarzenbach
samedi 10 mars 2012
Erika Mann
Artiste, comédienne, journaliste, militante anti-nazi
A lire : http://gynophiles.yagg.com/2012/03/09/portrait-13-erika-mann/#comment-100
Source Yagg
jeudi 5 janvier 2012
Annemarie Schwarzenbach
En Europe, le temps qu’il fait ne joue pas un rôle très important ; ici, on est encore dépendant de l’eau, de la tempête de poussière, du fleuve, ce qui fait que l’on a un rapport étroit avec la nature. On comprend que les hommes, remplis de crainte et d’espoir, adressent des prières à leurs dieux et que le pouvoir de ceux-ci triomphe toujours de notre volonté. Cela inspire une tout autre forme de patience.
Si nous n’étions pas revenus du sud du pays hier après-midi, juste avant qu’il ne commence à pleuvoir, nous serions probablement, à l’heure qu’il est, embourbés quelque part entre Kut et Ctésiphon. Et que le ciel me préserve d’une seconde nuit à Kut ! Mais l’excursion dans le Sud fut une expérience extraordinaire qui mit en pièces une part de notre orgueil d’Européens.
J’étais revenue vendredi soir de Babylone avec le professeur Jordan. Quel dommage que ces ruines soient devenues si facilement accessibles ! Des foules de promeneurs, munis de leurs paniers pique-nique et papotant en anglais, arpentent Babel et foulent sans le moindre respect le pavage de la voie processionnelle de Nabuchodonosor. Ils sont tout heureux de reconnaître sur l’ancienne porte d’Ishtar ces magnifiques animaux fabuleux à la démarche si noble, modestes cousins des émaux bleus plus tardifs que l’on a vus auparavant au musée de Bagdad ; et le lion que Miss Bell* a placé sur un socle pour qu’on puisse le photographier plus facilement résiste avec patience à l’assaut quotidien des Kodak et des Leica. Mais je suppose que tout cela lui est parfaitement égal : indifférent, il scrute la plaine, tandis que l’homme en dessous de lui se rebelle désespérément et s’agrippe à sa crinière de ses mains grossières — en vain, on le voit bien.
On a dit que le « lion de Babylone » était la preuve que ses créateurs avaient un don naturaliste leur faisant défaut par ailleurs. Mais il s’en faut de beaucoup qu’il soit aussi stimulant et réjouissant que les animaux figurant dans les scènes de chasse égyptiennes de l’époque d’Amarna — il en est tout aussi éloigné que du symbole babylonien et des animaux fantastiques (pour lesquels fantaisie et imagination nous manquent généralement). Je crois qu’il est l’œuvre d’un esprit relativement libre au sein d’un monde de contraintes, d’un grand artiste qui n’a cependant pas pu échapper aux lois fondamentales de l’art religieux de la révélation. Au fil du temps, le lion serait peut-être devenu un symbole ; pour nous, il est d’abord une vision, mais qui va bien au-delà du « naturalisme », et qui est tout juste accessible à notre compréhension."
Anne-Marie Schwarzenbach, Hiver au Proche-Orient Zurich, 1934
lundi 10 octobre 2011
Du traitement du viol par Yvan Levaï ! lettre a envoyer (Initiative d'Osez le féminisme) ...
A destination de M. Philippe Val, directeur de France Inter.
auditeurs.inter@radiofrance.com et philippe.val@radiofrance.com
Objet : Réaction aux propos scandaleux d’Ivan Levaï sur le viol sur votre antenne jeudi 6 octobre
Monsieur,
Lors de l’émission « Comme on nous parle » du jeudi 6 octobre, Ivan Levaï a tenu sur votre antenne des propos scandaleux sur le viol.
Ainsi, comme des millions d’auditrices et d’auditeurs, j’ai pu entendre que pour qu’il y ait viol, il fallait « un couteau, un pistolet, etc. » et que 10% des plaintes pour viol relevaient du « fantasme ».
Ces propos me révulsent.
Ces propos sont faux et démontrent que leur auteur méconnait totalement le phénomène du viol en tant que fait de société.
Les féministes ne cessent de rappeler la réalité des violences faites aux femmes en France. Elles ont rappelé que 75 000 femmes sont violées par an en France. Contrairement à ce que soutient M. Levaï, il n’y a pas 75 000 plaintes par an : seulement 10% des femmes violées portent plainte. Seulement 2% des violeurs sont condamnés. Dans 8 cas sur 10, la victime connait son violeur. Voici la réalité du viol dans notre pays, en 2011.
Je vous rappelle également qu’aux termes de l’article L. 222-23 du Code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol ». Pas besoin de couteau ou de pistolet, donc.
L’intervention d’Ivan Levaï n’est qu’un amas d’idées reçues sur le viol. Ces idées reçues sont contredites, chaque jour, par de nombreuses enquêtes quantitatives et qualitatives fiables et par ce que les associations qui accompagnent les victimes observent au quotidien.
Ces propos me révulsent aussi parce qu’ils sont de nature à renforcer la chape de plomb qui pèse déjà très durement sur toutes les femmes violées. Ivan Levaï nous a expliqué qu’une partie des femmes qui portent plainte, qui sont déjà si peu nombreuses, sont des affabulatrices. M. Levaï confond manifestement les chiffres : 10%, ce n’est pas le pourcentage de plaignantes qui fantasment un viol, mais le nombre de victimes de viol qui osent porter plainte. Dans les affaires de viol, la culpabilisation des victimes est permanente. Leur parole est toujours remise en cause. Le combat pour que la honte change de camp doit être mené chaque jour sans relâche. Le 6 octobre, sur votre antenne, il a reculé.
Comme vous, je suis attachée à la liberté d’expression. Et vous n’êtes bien entendu pas responsable de tous les propos qui sont tenus par vos invités. En revanche, votre responsabilité est de ne pas laisser dire de telles contre-vérités sans réagir. Votre responsabilité de journaliste est de rappeler la réalité à des invités ou à des journalistes de votre rédaction qui la piétinent sans vergogne.
Je ne doute pas que vous saurez faire en sorte que ce type d’épisode ne se reproduise pas sur votre antenne. J’espère également que vous inviterez une association féministe de lutte contre les violences faites aux femmes dans l’émission « Comme on nous parle » afin qu’elle puisse rappeler la réalité du viol en France.
Je vous remercie par avance,
NOM, Prénom
jeudi 30 juin 2011
Fourest
Marine le Pen,
Editions Grasset
Voir aussi l'article de TêtuE http://www.tetu.com/actualites/france/caroline-fourest-ouvertement-lesbienne-et-engagee-contre-le-fn-19730
Sexisme
La nuit ...
Marlène Dietrich
Profils
Carte postale début XXe









